[Panorama de l’entrepreneuriat – Mai 2026] - des créations stables, des radiations toujours élevées et des fragilités persistantes
Après plusieurs mois marqués par une progression soutenue des créations d’entreprises, le mois de mai 2026 marque une phase de stabilisation. Les immatriculations restent proches de leur niveau de l’an dernier, tandis que les radiations poursuivent leur hausse. Dans le même temps, les procédures collectives reculent légèrement, sans pour autant traduire une amélioration nette de la situation économique.
Au 31 mai 2026, la France compte 7 418 943 entreprises actives. Sur le mois, 47 614 entreprises ont été immatriculées (-0,2 %), 28 638 radiées (+4,8 %) et 4 697 entreprises sont entrées en procédure collective (-5,0 %) par rapport à mai 2025.
Immatriculations : une dynamique entrepreneuriale qui se stabilise
Des créations globalement stables
Avec 47 614 immatriculations enregistrées en mai 2026, la création d’entreprise demeure à un niveau élevé malgré un léger recul de 0,2 % par rapport à mai 2025.
Cette stabilité intervient après plusieurs mois de forte progression et peut être interprétée comme un retour à un rythme plus mesuré. L'envie d'entreprendre reste présente, mais les porteurs de projet semblent davantage tenir compte du contexte économique et des perspectives de marché avant de se lancer.
Des territoires toujours dynamiques
Certaines régions se distinguent toutefois par une progression significative des créations :
- Mayotte : +248,6 %
- Guadeloupe : +29,0 %
- Centre-Val de Loire : +8,2 %
- Corse : +5,8 %
Ces évolutions traduisent un dynamisme entrepreneurial toujours présent dans plusieurs territoires, porté à la fois par la création d'activités indépendantes et par le développement de nouveaux projets de services.
L'information-communication poursuit sa progression
L'analyse sectorielle met en évidence une forte croissance des immatriculations dans :
- l'information et la communication : +41,1 %
- les activités spécialisées, scientifiques et techniques : +11,3 %
À l'inverse, plusieurs activités enregistrent un recul marqué :
- hébergement-restauration : -25,9 %
- activités financières et d'assurance : -10,6 %
Dans l'hébergement-restauration, cette baisse s'inscrit dans la continuité des difficultés observées depuis plusieurs mois : hausse des coûts d'exploitation, tensions sur le recrutement et rentabilité plus incertaine. Les activités financières et d'assurance semblent quant à elles pâtir d'un contexte économique moins favorable aux projets nécessitant un environnement d'investissement plus dynamique.
Les commerçants restent moteurs
Par forme juridique, les commerçants demeurent les principaux contributeurs à la création d'entreprise avec 18 662 immatriculations, soit une progression de 2,8 % sur un an.
À l'inverse, les SCI enregistrent un recul de 8,6 %, illustrant un marché immobilier toujours plus attentiste face aux conditions de financement et à l'évolution des prix.
Radiations : une hausse portée par les radiations d’office
Plus de 28 000 entreprises radiées en un mois
Le mois de mai enregistre 28 638 radiations, soit une hausse de 4,8 % par rapport à mai 2025.
Ce niveau demeure élevé et confirme la poursuite du renouvellement du tissu économique français. Toutefois, la composition des radiations apporte un éclairage essentiel sur les phénomènes observés.
Des évolutions sectorielles très différentes du mois précédent
Les secteurs les plus concernés par la hausse des radiations en mai ne sont pas les mêmes que ceux observés en avril, signe que les tensions se déplacent d'une activité à l'autre.
Les plus fortes progressions concernent :
- Activités immobilières : +31,1 %
- Information et communication : +7,7 %
- Industrie manufacturière : +3,7 %
Ces hausses particulièrement marquées traduisent une forte rotation des entreprises dans des secteurs exposés à la hausse des coûts, à la concurrence et aux difficultés de trésorerie.
Des radiations davantage liées aux défaillances d’entreprises
L'analyse des motifs de radiation met en évidence une évolution différente de celle observée lors des mois précédents.
Les radiations consécutives à une procédure collective poursuivent leur progression et atteignent 11 471 cas, soit une hausse de 12,5 % sur un an. Cette évolution traduit le maintien d'un niveau élevé de défaillances d'entreprises et confirme que de nombreuses structures ne parviennent pas à surmonter leurs difficultés malgré les dispositifs de prévention ou de traitement mis à leur disposition.
Les radiations volontaires progressent également légèrement (+2,2 %), illustrant la poursuite des cessations d'activité décidées par les dirigeants dans un contexte économique qui demeure exigeant pour de nombreux secteurs.
À l'inverse, les radiations d'office reculent de 3 % sur un an. Elles concernent néanmoins un volume important d'entreprises, notamment les entrepreneurs individuels, qui représentent 9 887 radiations d'office sur le mois.
Cette répartition des motifs de radiation suggère que la hausse observée en mai 2026 s'explique davantage par les difficultés économiques rencontrées par certaines entreprises que par des opérations administratives de mise à jour des registres.
Entreprises en difficulté : un recul modéré qui masque des disparités importantes
Les procédures collectives reculent de 5 %
En mai 2026, 4 697 entreprises ont fait l'objet d'une ouverture de procédure collective, soit une baisse de 5 % par rapport à mai 2025.
Cette diminution constitue un signal encourageant, mais elle doit être interprétée avec prudence. Le niveau demeure élevé et plusieurs indicateurs montrent que les fragilités restent présentes dans de nombreux secteurs.
Certaines régions voient les difficultés fortement progresser
Les évolutions régionales restent très contrastées.
Les hausses les plus marquées sont observées en :
La Réunion : +18,5 %
- Auvergne-Rhône-Alpes : +12,2 %
À l'inverse, les ouvertures de procédures collectives reculent en :
- Centre-Val de Loire : -44,4 %
- Corse : -29,0 %
Ces écarts illustrent la diversité des situations économiques locales et rappellent que les tensions ne se répartissent pas uniformément sur le territoire.
Les services et l'immobilier davantage exposés
L'analyse sectorielle montre une progression des difficultés dans :
- les activités spécialisées, scientifiques et techniques : +10,3 %
- les activités de services administratifs et de soutien : +6,0 %
- hébergement et restauration : +4,7 %
À l'inverse, la construction enregistre un recul des procédures collectives (-20,6 %).
Le redressement judiciaire progresse fortement
La progression des redressements judiciaires (+8,6 %) peut traduire un recours plus fréquent à des solutions permettant la poursuite de l'activité avant qu'une liquidation ne devienne inévitable.
Les SCI particulièrement concernées
Par forme juridique, les SCI enregistrent une hausse particulièrement marquée des ouvertures de procédures collectives : +75,0 % sur un an
Cette évolution s'inscrit dans un contexte où le secteur immobilier reste confronté à un ralentissement des transactions et à des conditions de financement toujours exigeantes.
Les chiffres de mai 2026 dessinent un paysage contrasté. La création d'entreprise se maintient à un niveau élevé malgré un léger ralentissement. Les procédures collectives reculent, mais certaines régions et certains secteurs continuent de connaître des difficultés importantes.
Surtout, la hausse des radiations rappelle que le renouvellement du tissu économique reste intense. La progression des radiations consécutives à une procédure collective montre que les fragilités économiques demeurent bien présentes.
Les prochains mois permettront de déterminer si le recul des procédures collectives observé en mai constitue le début d'une amélioration durable ou simplement une pause dans un contexte économique toujours marqué par de fortes tensions.
Données sur la période du 1er mai au 31 mai 2026 comparées à la même période en 2025.
Périmètre : France y compris les DROM, hors Bas-Rhin, Haut-Rhin et Moselle.
Sources : Infogreffe et Greffes des tribunaux de commerce.




